Eybens-Lisbonne : Bienvenue au Clube !

Eybens-Lisbonne : Bienvenue au Clube !

Retour d’expérience

Du 5 au 7 mai 2017, une vingtaine de personnes du Centre Loisirs et Culture d’Eybens, membre associé des CEMÉA, a bénéficié d’une mobilité professionnelle grâce au consortium porté par les CEMÉA Rhône-Alpes dans le cadre du dispositif Erasmus+. Ce récit, raconté de l’intérieur par David Cazé, un des participants, nous donne à voir sur cette expérience de mobilité professionnelle.

« Comment résumer en quelques lignes cet échange culturel, proposé par le dispositif ERASMUS + et les CEMÉA Rhône-Alpes, si riche et motivant pour la suite de nos actions sociales et associatives ?! Et, par conséquent, pour nos publics ? Et surtout, comment ne pas laisser croire que cette expérience fut un week-end de vacances ou tout juste un gargarisme de complaisance pour acteurs sociaux en déroute ?! Je n’ai même pas commencé que trois questions se posent... Je vais me lancer, c’est la meilleure façon d’y arriver !

Un peu, d’ailleurs, comme ça s’est fait avec cet échange culturel européen entre le Centre Loisirs et Culture d’Eybens et Le CLUBE de Lisbonne. Du 5 au 7 mai 2017, 21 personnes du CLC (bureau de l’association, salariés permanents des différents services, jeunes volontaires en service civique...) sont parties passer un peu moins de 40 heures à Lisbonne pour pas mal de raisons différentes (la liste est non exhaustive) : Rencontrer différentes associations lisboètes (sociales, culturelles, d’éduc pop...), croiser des bénévoles qui s’engagent au quotidien pour ne pas laisser la jeunesse errer -au sens propre comme au figuré-, remettre en cause nos pratiques professionnelles (et tout ce que ça engendre), découvrir le système social portugais, comprendre les mécanismes d’un pays au vu de son histoire (Sale hasard !), découvrir une ville, une culture, un patrimoine, une langue -pour ma part- inconnus... Sans parler ni des potentielles conséquences sur notre travail quotidien, ni de la cohésion apportée à notre équipe lors de ce périple ! En moins de 2 jours, ça fait quand même beaucoup. Et j’en oublie. Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que l’équipe au complet est revenue sur les rotules. Amorphes, les rotules, soit dit en passant.

Le programme précis (mais résumé) de ces deux journées parlera sûrement de lui-même : Arrivée à Lisboa le 5 mai à 13h30, direction l’hôtel à Amadora, où on jette les bagages... Et c’est parti avec le jeu de la carte parlante pour une découverte ludique de Lisbonne ! On enchaîne avec une rencontre dans une structure -souterraine, comme beaucoup des structures du CLUBE- avec Magda, directrice, qui nous accompagnera en permanence pour la suite (notre animatrice-guide-traductrice, quoi). Pour l’instant, elle nous explique l’origine -on ne peut plus populaire- du CLUBE, son public et ses objectifs... Le soir venu, repas de solidarité dont les fonds récoltés serviront à financer certaines activités du CLUBE, intervention de l’écrivaine Raquel Ochoa, qui nous fait partager son goût du voyage (et ça tombe bien, vu le contexte). On sort à 23h-23h30, métro direction centre ville pour "débriefer" autour d’un verre... Cette première journée se finit donc à une heure tardive -plus pour certain(e)s que pour d’autres- et au cœur d’une ambiance festive, chaleureuse et amicale, celle du centre ville !

Quelques heures après, le 6 mai, 9h00 : rendez-vous en bas de l’hôtel, c’est reparti pour la visite d’une autre structure du CLUBE -souterraine aussi- où Magda nous explique l’organisation du système social portugais. Les questions fusent, tant les fonctionnements des deux pays diffèrent ! Petit repas et on repart : tout d’abord, visionner un court métrage réalisé par un groupe de jeunes du projet "Claquete EGG" ; Et ensuite, rencontrer une association de théâtre, Lua Cheia, autogérée financièrement, dont les deux principales protagonistes nous expliquent comment, par un travail de médiation avec les habitants (alors qu’elles n’ont pas été formées pour, ce serait trop simple sinon), elles ont réussi à créer et pérenniser une dynamique culturelle intergénérationnelle dans ce quartier populaire, malgré les réticences soulevées par leurs arrivées. J’y rencontre alors un français qui a fait plusieurs spectacles avec cette asso et qui m’explique qu’il aime venir se "ressourcer dans ce lieu où la création, et l’art en général, n’appartiennent qu’à ceux et celles qui la pratiquent" (ce sont ses mots). Belle tirade. Il est maintenant 20h passées et notre "parcours initiatique" touche à sa fin... Bises à Magda, dernier repas à Lisboa et retour à l’hôtel fissa. Car les forces viennent à manquer et le réveil à 5h30 pour attraper le vol retour s’annonce d’ores et déjà douloureux...
Pour plusieurs bonnes raisons, que vous devinez, j’imagine.

C’est vite résumé ("bref mais intense") mais nous en avons ramené, des choses : une vidéo, des centaines de photos -et encore plus de souvenirs-, une remise en cause de notre pays, de ses fondements et actions en matières sociales, et plus généralement des disparités en Europe, sans compter les questions internes qui pour l’instant, sont sans réponse...

Mais, au fond, quoi de mieux pour faire évoluer sa pratique que de l’analyser, l’évaluer... et donc la requestionner continuellement ? »

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 Source : http://www.cemearhonealpes.org - Rédigé le : 17 juillet 2017