Les mineurs : une catégorie dangereuse !

Les mineurs : une catégorie dangereuse !

les CEMÉA se joignent au mouvement de refus de ce renforcement de la pénalisation des mineurs, et appellent à signer la pétition « La mort annoncée de la juridiction des mineurs » proposée par le Conseil National des Barreaux sur le site.

Le gouvernement de Droite actuel n’a pas de politiques pour l’emploi des jeunes, pour leur éducation, pour leur place dans la société. Du moins pas de politiques qui visent leur émancipation, leur autonomie, leur développement.

Mais il a une politique constante, et ferme, pour leur répression. La loi de prévention de la délinquance de 2007, les lois LOPPSI 1 et 2, la suppression du Défenseur des enfants avec au passage l’installation du terme juridique « mineurs » à la place du terme pédagogique « enfants », le resserrement de la Protection Judiciaire de la Jeunesse sur le « pénal », et aujourd’hui le nouveau Code Pénal des mineurs en procédure de vote accéléré. Suppression du Juge des enfants, encore plus de pénalisation des actes, régression massive du principe d’éducabilité… Mineurs et jeunes, voici la nouvelle classe dangereuse !

Alors que les politiques menées sur l’emploi, la fiscalité, l’économie, fabriquent chaque jour plus d’exclus, la façon trouvée pour en traiter certaines des conséquences sur les plus fragiles est simple et unique : la répression accrue.

Les CEMÉA n’ignorent pas le besoin pour certains jeunes de cadrages forts et de clairs rappels de la Loi. Le besoin, aussi, de sanctions. Mais pas à la façon unique du Père Fouettard, pour une société de l’ordre qui vise à toujours plus protéger quelques uns pour contraindre le plus grand nombre. Ce n’est pas comme cela que l’on fait avancer l’idée d’une société plus partagée, prenant plus chacun en considération. Les dérives de certains jeunes appellent d’autres réponses que celles que nous connaissons actuellement, simplistes et électoralistes. Faut-il, et comment, ou pas, faire évoluer les textes de 1945 sur la protection des mineurs ? Faut-il, comment, ou pas, mettre en place un contrôle des familles comme cela est prévu dans la loi de prévention de la délinquance et dans la loi Borloo, faut-il, comment, ou pas, qu’existent des établissements particuliers dédiés aux mineurs en récidives pénales ?

Voila des questions éducatives et politiques qui méritaient mille fois mieux que les politiques actuelles faites de coups médiatiques.

Voilà pourquoi les CEMÉA se joignent au mouvement de refus de ce renforcement de la pénalisation des mineurs, et appellent à signer la pétition « La mort annoncée de la juridiction des mineurs » proposée par le Conseil National des Barreaux sur le site.

Le 30 juin 2011

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 Source : http://www.cemearhonealpes.org - Rédigé le : 30 juin 2011